LES ARGUMENTS EN FAVEUR DE
COMMUNAUTÉS INTÉGRALES AXÉES SUR LES TRANSPORTS EN COMMUN
PRINCIPALES CONCLUSIONS
Investissements dans les transports en commun
sont essentielles au maintien de la croissance dans les plus grandes régions urbaines du Canada.
Les communautés ne sont complètes que
s'ils sont accessibles à pied.
Tous les projets de transport en commun
générer le même rendement.
La croissance des plus grandes villes du Canada, suite ?
Part de la population canadienne répartie dans six « régions de transit »
Figure 1 – Répartition de la population canadienne entre six « régions de transit »
Source : Statistique Canada. Tableau 17-10-0148-01 Estimations de la population au 1er juillet, par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement, limites de 2021
Croissance de la population urbaine, 2001-2025
Figure 2 – Croissance démographique selon la taille de la région
Source : Statistique Canada. Tableau 17-10-0148-01 Estimations de la population au 1er juillet, par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement, limites de 2021
L'économie urbaine du Canada
Figure 3 – Croissance dans les secteurs de la production de biens et des services.
Source : Statistique Canada. Tableau 14-10-0355-01 Emploi par secteur d'activité, données mensuelles, données désaisonnalisées et non désaisonnalisées, et données tendances-cycles, 5 derniers mois (en milliers)
Villes-passerelles
Répartition de l'immigration par zone géographique
Figure 4 – Répartition géographique de l'immigration entre 2001 et 2025
Source : Statistique Canada. Tableau 17-10-0149-01 Composantes de la variation démographique par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement, limites de 2021
Les besoins en logements dans les plus grandes régions urbaines du Canada
Accessibilité au logement dans les plus grandes RMR
Figure 5 – Accessibilité au logement dans les plus grandes RMR
La nécessité de mettre en place des réseaux de transport en commun de niveau supérieur dans les plus grandes régions urbaines du Canada
Durée des trajets domicile-travail dans les plus grandes agglomérations
Figure 6 – Durée des trajets domicile-travail dans les plus grandes agglomérations
Source : Statistique Canada. Tableau 98-10-0465-01 Mode de déplacement principal selon la durée du trajet, l'heure de départ pour le travail, les secteurs d'activité, la grande catégorie professionnelle et le sexe : Canada, provinces et territoires, régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement avec certaines parties
Six régions disposent d'infrastructures de transport en commun de niveau supérieur, et une septième est en cours de planification (Québec).
Ces six régions comptent 12 lignes de tramway, 10 lignes de métro et 14 lignes de train de banlieue. Quatre lignes de tramway sont en cours de construction et quatre autres sont à l'étude. Une ligne de métro est en cours de construction, et divers travaux d'extension et de modernisation sont prévus pour le réseau ferroviaire de banlieue.
Au total, on compte 465 gares de transport en commun de niveau supérieur, auxquelles s'ajoutent 298 autres en cours de construction ou en phase de planification. 5,87 millions de personnes vivent actuellement à moins de 800 mètres d'une gare de transport en commun de niveau supérieur.
Optimiser l'impact des investissements dans les transports en commun sur la construction de logements neufs
Développement axé sur les transports en commun dans certaines municipalités, 2001-2021
Figure 7 – Aménagement axé sur les transports en commun dans certaines municipalités
Source : Statistique Canada. Tableau 98-10-0002-01 Effectifs de population et de logements : Canada et subdivisions de recensement (municipalités)
Construction et aménagement le long des lignes de transport en commun
Figure 8 – Évolution de la construction de logements le long des lignes 5 et 6 à Toronto
Logements en projet et en cours de construction près de la station de la ligne 5
Figure 9 – Conduite de raccordement pour la ligne 5 à Toronto
Part de la population canadienne répartie dans six « régions de transit »
Figure 1 – Répartition de la population canadienne entre six « régions de transit »
Source : Statistique Canada. Tableau 17-10-0148-01 Estimations de la population au 1er juillet, par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement, limites de 2021
Croissance de la population urbaine, 2001-2025
Figure 2 – Croissance démographique selon la taille de la région
Source : Statistique Canada. Tableau 17-10-0148-01 Estimations de la population au 1er juillet, par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement, limites de 2021
Figure 3 – Croissance dans les secteurs de la production de biens et des services.
Source : Statistique Canada. Tableau 14-10-0355-01 Emploi par secteur d'activité, données mensuelles, données désaisonnalisées et non désaisonnalisées, et données tendances-cycles, 5 derniers mois (en milliers)
Répartition de l'immigration par zone géographique
Figure 4 – Répartition géographique de l'immigration entre 2001 et 2025
Source : Statistique Canada. Tableau 17-10-0149-01 Composantes de la variation démographique par région métropolitaine de recensement et agglomération de recensement, limites de 2021
Accessibilité au logement dans les plus grandes RMR
Figure 5 – Accessibilité au logement dans les plus grandes RMR
Durée des trajets domicile-travail dans les plus grandes agglomérations
Figure 6 – Durée des trajets domicile-travail dans les plus grandes agglomérations
Source : Statistique Canada. Tableau 98-10-0465-01 Mode de déplacement principal selon la durée du trajet, l'heure de départ pour le travail, les secteurs d'activité, la grande catégorie professionnelle et le sexe : Canada, provinces et territoires, régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement avec certaines parties
Développement axé sur les transports en commun dans certaines municipalités, 2001-2021
Figure 7 – Aménagement axé sur les transports en commun dans certaines municipalités
Source : Statistique Canada. Tableau 98-10-0002-01 Effectifs de population et de logements : Canada et subdivisions de recensement (municipalités)
Construction et aménagement le long des lignes de transport en commun
Figure 8 – Évolution de la construction de logements le long des lignes 5 et 6 à Toronto
Logements en projet et en cours de construction près de la station de la ligne 5
Figure 9 – Conduite de raccordement pour la ligne 5 à Toronto
Les forces du marché et les politiques d'aménagement du territoire
Les forces du marché ne sont pas le seul facteur qui détermine ce qui se construit et où. Afin d'optimiser le retour sur investissement des projets de transport en commun de grande envergure dans le secteur de la construction résidentielle, les provinces et les municipalités peuvent collaborer pour harmoniser leurs réglementations en matière d'urbanisme. Lorsqu'il apporte une contribution financière à des projets d'infrastructure de transport en commun, le gouvernement fédéral peut également assortir ce financement de conditions afin que les politiques d'urbanisme soutiennent l'investissement en encourageant la construction de logements à proximité.
Dans certains cas, les politiques autorisant des densités plus élevées peuvent ne pas suffire à stimuler de manière significative la construction de logements. À Calgary, Edmonton et Ottawa, le développement urbain continue de se concentrer davantage en dehors des zones desservies par les transports en commun qu’à l’intérieur de celles-ci. Ce phénomène se produit en grande partie dans des zones vierges, car les terrains y sont encore relativement abondants et les problèmes de congestion routière n’ont pas encore atteint les niveaux critiques observés dans les plus grandes régions urbaines. Cependant, les aménagements en zone vierge axés sur la voiture ont souvent pour effet de saper le soutien aux investissements dans les transports en commun, ce qui rend plus difficile pour les villes de faire valoir que les transports en commun constituent le fondement de la manière dont la ville se développe et des zones où elle s’étend.
Il existe plusieurs mesures possibles pour favoriser le développement autour des stations de transport en commun. L'une d'entre elles consisterait à renforcer les restrictions d'aménagement du territoire dans les zones non encore urbanisées. Par ailleurs, les provinces et les municipalités peuvent mettre en place des mesures incitatives pour encourager la construction à proximité des transports en commun, notamment en réduisant les redevances municipales, y compris les frais d'aménagement. Une troisième option consiste à investir davantage dans la création d'équipements au sein des zones autour des stations de transport en commun afin de les rendre plus attrayantes pour les futurs résidents, et ainsi créer des aménagements axés sur les transports en commun.

Figure 10a – Exemples de politiques d'aménagement des zones autour des stations de transport en commun

Figure 10b – Exemples de politiques d'aménagement des zones autour des stations de transport en commun

Figure 10c – Exemples de politiques d'aménagement des zones autour des stations de transport en commun
Source : https://cmm.qc.ca/wp-content/uploads/2019/03/pmad_plan_metropolitain_amenagement_developpement.pdf
Communautés complètes axées sur les transports en commun
Le choix du lieu de résidence repose sur plusieurs facteurs, notamment la proximité du lieu de travail, des transports en commun et le prix du logement, mais aussi sur ce qui rend un quartier accueillant et dynamique, comme l’accès à de bonnes écoles, à des parcs et des espaces verts, ainsi qu’aux commerces et restaurants de proximité. Pour réussir dans ce domaine, les aménagements axés sur les transports en commun nécessitent un large éventail d’infrastructures supplémentaires. Le concept de « communautés complètes » repose sur l’idée que les gens devraient pouvoir accéder à tout ce dont ils ont besoin dans leur vie quotidienne à quelques minutes à pied de chez eux. Les épiceries, les écoles et les cabinets médicaux sont des exemples d’éléments essentiels des communautés complètes. Concentrer les infrastructures civiques et les commerces de proximité à proximité des stations améliorera l’accessibilité et l’efficacité tant pour les prestataires que pour les utilisateurs de ces services. Pour que les communautés axées sur les transports en commun soient viables à long terme, il est nécessaire de bien cerner les besoins futurs des communautés. Intégrer la planification des services de quartier à celle des nouvelles infrastructures de transport en commun de niveau supérieur devrait conduire à de meilleurs résultats globaux.

Figure 11a — 1st Street SW, Calgary, avec un score élevé au classement « Complete Community »

Figure 11b — Martindale, Calgary, avec un faible score « Complete Communities »
Une communauté n'est véritablement complète que si elle est accessible à pied
Les communautés complètes peuvent offrir aux habitants des solutions locales pour répondre à leurs besoins quotidiens fondamentaux, mais la mesure dans laquelle les habitants optent pour ces solutions locales dépend en grande partie de l'accessibilité piétonne de la communauté. Il est important de créer des pôles denses d'équipements, y compris des stations de transport en commun, mais la qualité de l'espace public qui les relie entre eux et les relie aux lieux de vie des habitants est un élément essentiel d'une communauté complète véritablement fonctionnelle.

Figure 12a — La station Arbutus, à Vancouver, est un exemple de station de transport en commun très accessible à pied.

Figure 12b — La station Panama, à Montréal, est un exemple de station de transport en commun peu accessible à pied.
Les rues principales animées constituent un pilier des quartiers propices à la marche. Il est essentiel que le trajet à pied vers la rue principale et la station de transport en commun soit sûr, agréable et accessible aux personnes à mobilité réduite. Bon nombre des investissements récents dans les réseaux de transport en commun de niveau supérieur au Canada s’étendent au-delà des centres-villes, dans des zones de banlieue initialement conçues pour favoriser la circulation automobile. C’est dans ces zones que la praticabilité piétonne est le plus souvent au plus bas. À mesure que de nouvelles stations de transport en commun sont mises en service et que de nouveaux aménagements suivent, ces quartiers deviennent plus denses, mais ils risquent de ne pas devenir véritablement urbains si l'espace public est hostile aux modes de transport actifs. La planification de la réaménagement de l'espace public pour l'adapter à l'augmentation du nombre de résidents et des équipements sera l'un des défis les plus difficiles, mais aussi les plus importants, liés aux aménagements axés sur les transports en commun.
Tirer parti des avantages des communautés complètes axées sur les transports en commun
Lorsque les habitants disposent de nombreux équipements dans leur quartier et que ceux-ci sont accessibles par des modes de transport actifs, ils en tirent de meilleurs bénéfices. Des environnements denses, propices à la marche et riches en équipements peuvent améliorer la santé physique et mentale des résidents, renforcer les liens sociaux et l’esprit communautaire, et créer une masse critique qui soutient les commerces indépendants des centres-villes. Les communautés axées sur les transports en commun améliorent l'accès aux opportunités d'emploi, améliorent la qualité de l'air, réduisent l'intensité carbone globale et peuvent être plus viables financièrement pour les collectivités locales. Lorsque l'on additionne tous ces avantages, les arguments en faveur de communautés complètes axées sur les transports en commun sont indéniablement solides. Outre les gains en matière de transport, une analyse minutieuse et réfléchie des améliorations en matière de logement, d'économie, de santé et de finances résultant de nouveaux investissements dans les transports en commun de haut niveau devrait permettre à davantage de projets d'obtenir une note suffisante.

Figure 13 — Maquette de l'étude de cas « Panama Station » réalisée par School of Cities.
Source : https://measuringmainstreets.ca/casestudies/tod/panama
Accessibilité financière et déplacement
Les nouveaux projets d’infrastructures de transport en commun de grande envergure n’ont pas tous des répercussions positives. Les nouvelles lignes de tramway, de métro et de train de banlieue entraînent des changements importants pour les communautés existantes. La valeur des biens immobiliers augmente généralement, les terrains sont souvent réaffectés à d’autres usages et de nouveaux bâtiments sont construits à la place des anciens. Lorsque cela se produit, les habitants et les commerces peuvent être contraints de partir. Ceux qui subissent ces déplacements sont le plus souvent les plus vulnérables. Il ne s'agit pas seulement de retirer des personnes d'un quartier, mais surtout de mettre à rude épreuve, voire de rompre, les relations entre les gens et leur attachement à un lieu. Les relations sont le fondement de la communauté, et la communauté est le fondement de la résilience locale. Le développement axé sur les transports en commun doit être inclusif. Les politiques et les modèles de développement devraient limiter et atténuer les effets des déplacements, tout en offrant des possibilités abordables aux résidents de tous les niveaux de revenus.

Figure 14
Construire dès le départ des quartiers axés sur les transports en commun
Les infrastructures de transport en commun de haut niveau ne se contentent pas de transporter les gens d’un point A à un point B. Elles constituent le fondement même du développement urbain. Là où les investissements dans les transports en commun sont réalisés, les investissements privés ont tendance à suivre. Au fil du temps, ces investissements s’accumulent pour créer les environnements urbains les plus denses du pays et sont essentiels aux économies régionales. Alors que les lignes de transport en commun relient les villes entre elles, chaque zone autour d’une station forme à elle seule une communauté de quartier. Lors de la planification et de la construction de nouvelles infrastructures de transport, une approche communautaire globale pour chaque arrêt devrait permettre de créer davantage de logements et d'améliorer la qualité de vie. Les nouvelles infrastructures de transport de haut niveau coûtent des milliards de dollars. Il s'agit d'un travail complexe qui nécessite une grande expertise et une coordination importante. Ce qu’il ne faut pas négliger dans ce processus, ce sont les opinions du public. Dans quel type de communautés les gens souhaitent-ils vivre ? Quels types d’équipements sont les plus importants à leurs yeux ? Où souhaitent-ils s’installer ? Il faut déployer de réels efforts pour poser ces questions afin que les projets d’infrastructure répondent en fin de compte aux attentes et aux souhaits de la population. Si nous parvenons à faire évoluer notre réflexion de la planification des transports vers la construction de la ville, puis vers la construction de la communauté, les futurs résidents devraient être bien servis.

Figure 15